
Les boiteries sont une des pathologies les plus fréquentes chez les bovins. Après les mammites et les problèmes de reproduction, les boiteries constituent la 3ème maladie en élevage. La boiterie crée une douleur chez l’animal, qui engendre plusieurs problèmes majeurs qui induiront des pertes économiques.
Il existe 5 maladies principales pour des boiteries d’origine podale :
Les maladies d’origines traumatiques :

Le panaris :
Suite à une blessure (caillou, graviers), les germes pénètrent dans le pied et peuvent conduire à un abcès.

L’abcès de la sole :
Souvent due à une perforation de la sole par un objet coupant (cailloux, grillage, etc…)
Les maladies multifactorielles :

La fourbure :
Plutôt observée dans les élevages intensifs, c’est une maladie non infectieuse et d’origine métabolique.

Le fouchet :
Maladie qui provoque une inflammation superficielle de l’épiderme pouvant entraîner des complications (ulcères de la sole, masses fibreuses, etc…)

La maladie de mortellaro :
(Dermatite Digitée)

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Quand détecter une boiterie ?
- Lors de l’entretien des logettes- En salle de traite ou robot avec le positionnement de l’animal et ses appuis
- Une boiterie peut se traduire par une baisse de la fréquentation au robot
- A la sortie du bâtiment pour aller au pâturage
Comment détecter une boiterie?
| Vache boiteuse | Vache non boiteuse | |
|---|---|---|
| La ligne de dos | Ligne de dos arrondie | Ligne de dos droite |
| La position de la tête | La tête se balance ou est plus basse | Légèrement en dessous de la ligne de dos |
| Le rythme de déplacement | Rythme interrompu et démarche inégale | Foulées régulières Placement des postérieurs aux mêmes endroits que les antérieurs |
| La température corporelle | >38.6°C (panaris, abcès,...) | 38°C en moyenne pour une VL |


Vital Concept : selon vous, quel est le meilleur protocole pour gérer les boiteries en élevage laitier ?
Claude JUIF : Dans tous les cas, un parage préventif sur tout le troupeau au minimum une fois par an est conseillé pour rétablir les aplombs, retirer la corne en excès et repérer d’éventuelles lésions. Un deuxième parage curatif et individuel peut ensuite être programmé pour les animaux ayant besoin de soins prolongés.
Vital Concept : Quels conseils donnez-vous le plus aux éleveurs pour prévenir et limiter la dermatite ?
Claude JUIF : Avant toute chose, il faut prendre de la hauteur et identifier les facteurs de risques ! Il faut être le plus rigoureux possible sur l’hygiène dans le bâtiment, autour des râteliers et des abreuvoirs. L’éleveur doit aussi faire attention à la ventilation et à l’humidité dans le bâtiment. Un autre levier important est l’immunité. Cela joue plus sur la douleur plus que sur la guérison mais permet de limiter les baisses de performances.
Vital Concept : A quel stade physiologique le parage est-il le plus opportun?
Claude JUIF : En préventif, l’idéal est un parage quelques semaines avant le tarissement pour les vaches et quelques semaines après le vêlage pour les génisses.
Vital Concept : Quels conseils donnez-vous à un éleveur qui parre ses vaches lui-même ?
Claude JUIF :
1- Dans l’idéal, l’éleveur doit avoir un local dédié, non loin du lieu de traitement et utiliser une cage fonctionnelle !
2- Attention aux accidents ! Je recommande fortement de porter des gants anti-coupure, un tablier, des bottes de sécurité et des outils qui coupent !
3- Se former régulièrement permet de corriger des mauvais gestes et limiter l’aggravation de certains cas
