La réussite d’une lactation dépend de la bonne conduite du tarissement du troupeau laitier ainsi que sur la maitrise des risques de maladies métaboliques de début de lactation. Voici quelques clés vous permettant de piloter au mieux cette période déterminante
Le tarissement
Un démarrage de la lactation réussi est conditionné par un bon déroulement du tarissement
Lors du tarissement, les besoins alimentaires sont quantitativement bas mais qualitativement hauts du fait de l’arrêt de la lactation et de la poursuite d’une gestation.
Ainsi les principaux risques d’une mauvaise conduite du tarissement sont les suralimentations et les déséquilibres alimentaires prédisposant à de nombreuses affections du peripartum chez la vache laitière (difficultés de parturition, fièvre vitulaire, syndrome de la vache couchée, syndrome « vache grasse », cétose, infertilité….).
Le tarissement a pour objectif principal de régénérer le tissu mammaire avec une phase d’involution de la glande mammaire.
Durant cette période d’au moins 5 semaines, il est effectivement primordial de couvrir les besoins alimentaires de la vache « gestante » et de maintenir un volume ruminal suffisamment élevé permettant ainsi un démarrage en lactation optimal.
La ration des vaches taries est une ration déconcentrée mais qui doit maintenir un niveau d’encombrement suffisant. L’apport d’un minéral spécial vaches taries (cf Maxor 12-3-18 chélatés) permet de reconstituer les réserves minérales tout en limitant la part de calcium apportée pendant la période sèche.
A l’approche du vêlage, la vache semble agitée et cherche à s’isoler. La préparation au vêlage a commencé, le veau sera expulsé rapidement.
Le vêlage
Dès que le veau est né et que la vache ne présente pas de signe de fièvre vitulaire, la surveillance de l’expulsion de la délivrance démarre.
Il est admis que des multipares avec un niveau de production élevé sont plus exposées au risque de non délivrances que les primipares. S’il a fallu intervenir pour le vêlage, le risque de rétention placentaire et de métrites est élevé.(cf BOLUS VITA POST PARTUM pour favoriser l’expulsion placentaire )
Le risque de non- délivrance est plus élevé pour les multipares que les primipares
Le début de lactation : Phase primordiale de la réussite de la lactation
Les objectifs principaux du début de la lactation sont d’assurer la production laitière, optimiser les apports énergétiques et azotés, gérer l’amaigrissement de la vache, et limiter les problèmes métaboliques.

C’est pendant les 3 premiers mois de lactation que la vache produit la moitié de la quantité de lait total
L’Acétonémie
Dans les troupeaux laitiers, on estime jusqu’à 50 % la proportion de vaches laitières en acétonémie sub-clinique. Elles ont peu d’appétit, maigrissent rapidement et sont difficilement fécondes.
L’acétonémie est la conséquence d’une accumulation de corps cétoniques dans le sang provenant de la ration distribuée et surtout de la mobilisation des réserves corporelles en début de lactation.
Le foie fabrique le glucose qui est entre autres le précurseur du lactose. Le foie est l’organe qui assure la mobilisation énergétique en début de lactation. Il peut vite devenir surchargé – la vache perd du poids.
Le propylène glycol est une source d’énergie qui permet de réduire la production de corps cétoniques. La niacine permet d’augmenter la production de glucose et ralentit la mobilisation des réserves corporelles.
Notre conseil :
3 semaines avant la date théorique du vêlage, il faut commencer à reconcentrer la ration.
C’est à partir de cette période que l’on peut introduire des précurseurs de glucose permettant ainsi de réduire le nombre de cas de cétoses cliniques. L’incorporation de Glycovit granulés à raison de 300 g/ VL/ jour durant cette période et jusqu’à la fin du premier mois de lactation permet de limiter significativement les cas de cétoses cliniques.
Lorsque l’acétonémie est bien maitrisée dans un troupeau, le nombre de déplacement de caillette est fortement diminué.
L’alimentation du troupeau est le facteur principal influençant sur la production laitière.
L’acidose
L’acidose est l’autre pathologie dominante en élevage laitier Les vaches en acidose ont une moins bonne valorisation de la ration, entrainant une baisse de la production laitière et un amaigrissement.
Les acidoses sub-cliniques sont fréquemment rencontrées, car les situations à risque sont de plus en plus présentes en élevage : l’augmentation du niveau d’ingestion, et la qualité des ensilages de maïs (plus ingestible et plus digestible) entraine au niveau du rumen une production d’acide plus importante et rapide que précédemment.
Quelques grands principes doivent être respectés afin de limiter le risque d’acidose :
- Maitrise de la fibrosité de la ration = toujours mettre du foin à la disposition de vos animaux
- Maitrise de la teneur en cellulose brute et en amidon de la ration.En fonction de la qualité des fourrages, veiller à maintenir un niveau suffisamment élevé de cellulose brute et ne pas dépasser 30 % d’amidon.
- Maitrise des transitions. Il est primordial de faire des transitions pour tout changement de ration, entre tarissement et lactation, entre les différents silos, à la mise à l’herbe… De plus, il est nécessaire de fragmenter les apports de concentrés dans la journée, et ne jamais dépasser 2 Kg en une seule prise.
La réussite de la lactation de la vache laitière dépend d’une part de la période de tarissement et de la gestion des risques de maladies métaboliques du début de lactation. L’observation du troupeau permet de prévenir au mieux les risques et de manager efficacement le troupeau laitier
Nathalie MALLEDANResponsable Marché Ruminants
