Lutter contre les mouches en élevage

La mouche est l’insecte le plus fréquent dans les bâtiments d’élevage. Ce qui peut ressembler parfois à un fléau, concerne toutes les productions de rente. Il est important de chercher à limiter l’invasion pour différentes raisons :

  • Elles sont un facteur de transmission de maladies
  • Elles entraînent des baisses de production du fait de l’énervement et de l’inconfort des animaux, mais aussi de l’énergie dépensée pour les éloigner.

Cet article a pour but de rappeler quelques points importants pour prévenir les problèmes et les principales solutions existant sur le marché.

L’augmentation des températures accélère le cycle de la mouche en élevage

Les œufs de la mouche sont déposés par la femelle 4 à 8 jours après accouplement. La femelle pond en moyenne 1000 œufs sur sa vie d’adulte, qui dure environ 10 jours. Le tableau suivant retrace la vie de l’œuf à la mouche adulte en fonction de la température, principal facteur de variation :

Température (°C) Durée ponte – éclosion (h)) Durée stade larvaire (jours) Durée stade pupe (jours) Durée totale (jours)
16 49 11-26 11-26 40-49
20 23 8-10 8-10 19-22
30 10 5-6 5-6 9-11

Si le cycle est plus lent au printemps, il existe néanmoins, ce qui justifie de s’occuper du cas des mouches, dès la remontée des températures. Le substrat de ponte idéal : des déjections animales (nourriture + chaleur) à 25% d’humidité. Il convient donc d’agir de prime abord sur ce facteur : limiter au maximum les accumulations de fumiers ou lisiers solides en présence des animaux, utiliser de l’asséchant dans les litières, agir sur les croûtes de lisier.

Comment choisir son insecticide en élevage ?

Tout d’abord, il est important de préciser que plus le traitement des mouches est effectué tôt dans la saison, plus il sera efficace. Il est donc important d’agir avant les montées extérieures de température avec un larvicide pour lutter contre les larves de mouches. La combinaison avec un insecticide luttant contre les adultes de mouches permet de maintenir au plus bas la pression en mouches sur l’exploitation. Les traitements chimiques ont différents modes d’action :

Quelles sont les différentes solutions existantes sur le marché ?

  • Les inhibiteurs de synthèse de la cuticule des larves perturbent l’éclosion des œufs de parents traités, les phases de mues et la formation de pupes. Il s’agit du premier traitement (larvicide) à utiliser, de manière très précoce. La molécule référente sur le marché est la cyromazine Larvidead Cyro
  • Les organophosphorés agissent par contact, ingestion et inhalation. L’insecte présente une hyperactivité, des convulsions et meurt. C’est le cas des molécules suivantes : azamétiphos ( Sheila, A.Z kill), chlorpyrifos,…
  • Les pyréthrinoïdes agissent par contact et ingestion. Ils ne franchissent pas la barrière cutanée des mammifères. C’est le cas de la perméthrine ( Catelo, Hygiakill).
  • Les Néonicotinoïdes agissent sur le système nerveux central des insectes. Ils permettent un effet choc sur les insectes. C’est le cas du Thiaméthoxam ( Moscarex)

Maxime Copin,
Responsable marché volailles et porcs