Avec les beaux jours et les températures croissantes, les mouches ont fait leur apparition dans nos élevages et autour des animaux.
Les mouches sont non seulement une source d'agacement et de stress pour les animaux mais également les vecteurs de maladies qui peuvent avoir des conséquences très graves sur la productivité et la rentabilité de l’élevage.

Pour éviter de se laisser dépasser, il convient d’agir dès l’apparition des premières mouches.

Car une fois démarré, le processus de multiplication est exponentiel et les cycles de reproduction s’accélèrent. À 16 °C, la durée du cycle de reproduction de la mouche domestique est de 50 jours. Il n’est plus que de 8 à 12 jours pour des températures comprises entre 25 à 30 °C.


Quelles sont les mouches nuisibles en élevage bovin ?

Il en existe principalement deux familles :

Les mouches lécheuses (non piqueuses) :
- la mouche domestique (Musca domestica)
- la mouche d’automne (Musca autumnalis)
- la mouche de tête (Hydrotea irritans).

Ces espèces de mouches se nourrissent de débris de peau, d’exsudats du nez, des yeux et des plaies et de sécrétions lactées et vaginales.
Elles peuvent disséminer les germes de nombreuses maladies entre animaux et d’un élevage à l’autre, parmi lesquelles :

- la kératoconjonctivite infectieuse : maladie bactérienne dont les symptômes sont une congestion des vaisseaux de l’oeil, des larmoiements et un blanchiment de la cornée. A défaut de traitement antibiotique et anti-inflammatoire rapide, il y a apparition d’ulcères de la cornée et d’abcès oculaires
- les mammites d’été, entraînant de fortes fièvres et, en l’absence de traitement, la perte du quartier infecté,
- la tuberculose et la thélaziose (helminthose des yeux).


Les mouches piqueuses:

- Le taon (Tabanus bovinus), dont seules les femelles sont piqueuses, avec une douleur très vive
- la mouche des cornes (Haematobia irritans)
- la mouche des étables (Stomoxys calcitrans) espèce très agressive pour les vaches, particulièrement par temps orageux.


Cette famille de mouches se nourrit exclusivement de sang et peut aussi, transmettre de nombreux agents infectieux et parasitaires : charbon bactéridien, pasteurelles, staphylocoques, streptocoques, leucose, …



La Lutte chimique : indispensable larvicide

Afin de maîtriser les mouches il convient avant tout d’employer un larvicide.
Les larvicides sont des inhibiteurs de croissance. Ils sont à appliquer sur les litières en privilégiant les zones non piétinées par les animaux (bordures d’aire paillée, sous les abreuvoirs…), dans les fumières et fosses à lisier. Pour une bonne efficacité, il faut intervenir tous les mois.

Les adulticides sont appliqués sur des parois propres. Attention, ces surfaces ne doivent pas être lavées après application, leur usage est donc interdit sur les murs de salle de traite. Il faut appliquer ces produits sur les zones où l’on trouve beaucoup de mouches : tour des fenêtres et des portes, hauts des murs, plafonds.

Evidemment, protégez-vous bien lorsque vous appliquez ces produits. Enfin diversifiez les molécules utilisées afin de limiter le développement de résistance.
L’utilisation d’adulticide seul est source d’échec car la population d’adultes devient rapidement trop importante pour que l’on parvienne à la contrôler.



Les moyens mécaniques de lutte : des aides complémentaires

Les appâts ou pièges représentent un excellent complément comme révélateur de niveau de population et, ainsi, indicateur de nécessité d’un traitement. De plus, ils peuvent être utilisés dans des zones où ces traitements ne peuvent être réalisés.

Les solutions mécaniques : les pièges collants (rubans, rouleaux, plaques…) sont faciles à mettre en place et peu onéreux.

La salle de traite est certainement l’endroit où les mouches sont le plus pénibles. Elles provoquent des décrochages intempestifs et l’énervement des animaux et du trayeur. Pour en limiter les conséquences, on peut opter pour un brasseur d’air qui vise à créer des zones d’inconfort pour les mouches. Cela ne les extermine pas mais les chasse de la salle de traite.

En salle de traite, la couleur des murs a aussi son importance. Les teintes bleues et vertes ont tendance à faire fuir les mouches alors que les teintes beiges et orangées vont les attirer.
On peut aussi, dans des locaux de tailles limitées, utiliser des destructeurs électriques d’insectes. Les mouches, attirées par les tubes fluorescents des ces appareils, sont électrocutées au contact d’une grille électrique. Les destructeurs doivent être régulièrement nettoyés.



Nathalie MALLEDAN
Responsable des marchés Ruminants